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Tensions sur le marché céréalier : Algérie et Maroc préfèrent le blé russe, la Tunisie hésite

Les dernières données du ministère de l’agriculture français font état d’une diminution significative de l’excédent des échanges agroalimentaires du pays, s’élevant à 579 millions d’euros en septembre 2023. Cette baisse de 377 millions d’euros par rapport à l’année précédente met en lumière une tendance inquiétante, principalement marquée par le recul des exportations de céréales, notamment le blé tendre.

Les deux poids lourds de l’importation de blé, l’Algérie et le Maroc, ont choisi de délaisser la France au profit de la Russie, infligeant ainsi un sérieux revers à l’industrie céréalière française.

Les statistiques indiquent un recul notable de 37% des exportations de céréales en valeur, conséquence directe de la flambée des prix de 2022. Les ventes de blé tendre, en particulier, ont enregistré une baisse de 310 millions d’euros en septembre 2023 par rapport à la même période en 2022. Les autorités françaises attribuent cette réduction aux exportations en baisse de produits bruts, principalement à destination de l’Algérie et de l’Égypte.

La France perd ainsi des clients majeurs, et la Russie prend la place de la France sur le marché des céréales en Afrique du Nord. L’Algérie a notamment émergé comme le deuxième importateur de blé russe pendant l’été 2023, se maintenant à la deuxième place en termes de volume d’importations au cours des deux derniers mois, selon un article de TunisieNumérique. Des observateurs signalent un net recul des importations algériennes de blé tendre français, passant de 1,05 million de tonnes à seulement 157 000 tonnes à la fin d’octobre 2023.

Quid de la Tunisie ?

Alors que l’Algérie et le Maroc se tournent vers la Russie, la Tunisie semble hésiter dans le choix de ses partenaires céréaliers. Les importations russes ont connu une augmentation notable ces derniers mois, avec une augmentation de 94 000 tonnes en août 2023, notamment pour répondre à la demande croissante de céréales.

Philippe Heusele, président des relations internationales au sein d’Intercéréales France, a récemment souligné lors d’une visite en Tunisie que malgré la concurrence russe, la France vise à fournir à la Tunisie 35% de ses besoins en blé meunier et 50% de ses besoins en orge pour la campagne de commercialisation 2023-2024. Il a rappelé que la récolte française de 2023 a été fructueuse, avec des chiffres impressionnants de 35,1 millions de tonnes de blé meunier, 1,27 million de tonnes de blé dur et 12,1 millions de tonnes d’orge.

Selon Heusele, la qualité exceptionnelle du blé meunier de 2023, tant sur le plan technologique que sanitaire, positionne la France comme un fournisseur de choix capable de répondre aux demandes exigeantes de ses clients et partenaires internationaux malgré les changements observés sur le marché céréalier régional. L’avenir des relations céréalières entre la France et la Tunisie reste ainsi à surveiller, alors que les dynamiques du marché continuent d’évoluer.

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