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lundi 3 octobre 2022
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L'agriculture tunisienne en 2022.
Ferme agricole Tunisie - Ph : DR

L’agriculture en Tunisie : Des régions pénalisées ?

La responsabilité du ministère de l’Agriculture, mise en cause pour justifier l’aggravation de la pauvreté en Tunisie.

Selon les chiffres données par l’Institut national de la statistique en 2020, les trois régions les plus pauvres en Tunisie sont dans l’ordre : Hassi El-Frid (53,5 %), Jedelienne (53,1 %) et El-Ayoun (50,1 %) nous apprend Kapitalis. Des chiffres qui seraient la conséquence d’une politique discriminatoire menée par le ministère de l’Agriculture sur le territoire, entraînant la détérioration de la situation des habitants des délégations modestes.

« le ministère de l’Agriculture ne peut pas être le seul mis en cause pour justifier l’aggravation de la pauvreté en Tunisie »

Néanmoins, le ministère de l’Agriculture ne peut pas être le seul mis en cause pour justifier l’aggravation de la pauvreté en Tunisie, quoi qu’il y joue un rôle majeur. Loin de vouloir revenir sur les slogans de la discrimination territoriale ou sur ceux de l’autonomisation économique des femmes rurales, dénoncés par plusieurs associations. Il est préférable de croire que la prise de conscience collective a fini par démasquer ce mensonge collectif.

Non, aujourd’hui, il s’agit plutôt de parler de la participation au mieux passive et au pire active du ministère devant le désastre économique et social enregistré dans les régions rurales. Un désastre que le ministère tente vainement d’expliquer, avançant des arguments peu convaincants. Peu importe la proposition ou la critique, l’argument implacable du géant reste la faiblesse des ressources hydriques dans le pays.

Et si on parlait des freins administratifs à l’investissement agricole ?

Les régions pauvres souffrent certes du manque de précipitation, ce qui est plutôt normal étant donné que les forêts sont ravagées sans que nul n’intervienne. Mais ajouté à cela, le ministère de l’Agriculture limite les investissements privés usant de subterfuges allant du rallongement du délai de traitement des dossiers à celui des exigences excentriques comme la nécessité de posséder une source d’eau pour l’irrigation avant de financer l’achat d’un terrain agricole.

Résultat de course, on assiste à l’aggravation de la pauvreté ou encore à la mise en place d’une production intensive, qui provoque justement la surexploitation des nappes d’eau souterraines. Et quand enfin les autorisations sont délivrées par les administrations, les délais sont largement dépassés et l’entrepreneur ne peut plus espérer faire aboutir les procédures bancaires.

On se demande alors pourquoi le ministère de l’Agriculture ne met pas en place une organisation qui permettrait un traitement rapide des projets dans des délais raisonnables, en se basant sur les critères scientifiques mondialement reconnus.

Il n’est donc pas étonnant de constater qu’en l’absence du ministère, les régions défavorisées sont devenues le fief de prédilection des contrebandiers et des groupes terroristes. Apparemment, il est beaucoup plus facile de déplorer la mort de Oqba Dhibi, victime des exactions des groupes terroristes ou encore de condamner un mineur à 25 ans de prison pour ses liens avec des groupes terroristes que de s’attaquer aux parrains du terrorisme dans le pays, à l’abandon scolaire et à la destruction de l’agriculture, unique moteur de croissance à court et moyen terme, autrement dit facteur déterminant du développement humain.

Pour faire taire les nombreuses questions des habitants de ces régions, on leur rabâche le même discours interminable sur les disparités régionales.

Une faiblesse d’action qui refroidit les meilleures volontés

Outre les trois délégations citées précédemment, d’autres se retrouvent également abandonnées par l’Etat qui laisse le territoire sombrer dans un désert sans que le ministère de l’Agriculture n’intervienne. Ce dernier emploie pourtant plusieurs fonctionnaires, ingénieurs et agents techniques dont le rôle se limite à entraver de toutes les manières possibles l’investissement dans la filière agricole.

Face à l’incapacité du ministère de l’Agriculture à appréhender la situation avec réalisme, à agir en faveur de l’intérêt supérieur de la nation, et à prendre en considération les délais de finalisation d’une promesse de vente, les investisseurs se retrouvent limités, condamnés à l’échec. Avec une telle démonstration de nonchalance, ce ministère est en train de soustraire plusieurs milliers d’hectares du circuit économique, avec des conséquences qui se répercutent directement ou indirectement sur le développement des régions rurales.

Les tunisiens ne peuvent qu’espérer un miracle pour enfin parvenir à leur indépendance alimentaire dans l’expectative que le territoire devienne extensible afin de parvenir à produire malgré l’état actuel de la situation.

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