jeudi 11 décembre 2025
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Culture de figues de Barbarie : la production en forte baisse en 2025

La figue de Barbarie, longtemps considérée comme un fruit rustique et résilient, traverse une crise sans précédent en 2025. En Tunisie, et plus particulièrement dans le gouvernorat de Kasserine, la production a chuté de manière spectaculaire, passant de 250 000 tonnes en 2024 à seulement 150 000 tonnes cette année, selon les chiffres communiqués par l’Association nationale pour le développement du cactus. Cette baisse de 40 % menace non seulement l’économie locale, mais aussi la stabilité sociale d’une région où cette culture représente un pilier vital.

Cochenille du cactus : la principale menace pour les figuiers de Barbarie

À l’origine de cette chute brutale : la propagation incontrôlée de la cochenille, un insecte parasite qui s’attaque aux raquettes du figuier de Barbarie. Présente depuis plusieurs années dans le sud du pays, la cochenille a désormais atteint des zones clés comme Zelfen, la principale localité productrice du gouvernorat de Kasserine, qui s’étend sur 25 000 hectares. Les dégâts sont tels que les prévisions pour 2026 sont encore plus alarmantes : la production pourrait tomber à 50 000 tonnes si aucune mesure efficace n’est prise d’ici là.

Impact économique de la baisse de production sur les régions agricoles tunisiennes

La filière du figuier de Barbarie en Tunisie ne se limite pas à la production de fruits. Elle génère plus de 100 000 emplois directs et indirects, représentant près de 5 millions de journées de travail par an. Dans une région comme Kasserine, où les opportunités économiques sont limitées, cette culture constitue une source de revenus essentielle pour des milliers de familles. La baisse de production actuelle met donc en péril tout un écosystème agricole et social.

Lutte contre la cochenille : des réponses encore insuffisantes

Malgré la gravité de la situation, les solutions mises en œuvre par le ministère de l’Agriculture sont jugées largement insuffisantes par les acteurs du secteur. Selon Rochdi Bannani, président de l’association nationale pour le développement du cactus, les traitements chimiques et biologiques actuels ne parviennent pas à endiguer la propagation du parasite. Il appelle à une mobilisation plus large, notamment à travers l’élevage et la diffusion de coccinelles, prédateurs naturels de la cochenille. Des initiatives locales ont été lancées, notamment à Sbiba et dans les zones périphériques de Zelfen, où des campagnes de diffusion de coccinelles sont en cours. Toutefois, les résultats restent limités, en partie à cause du manque d’implication de certains agriculteurs et du non-respect des consignes d’entretien des plantations, selon Omar Saadaoui, chef du département de la production agricole à Kasserine.

Le Maroc face à la même crise de la figue de Barbarie

La crise ne se limite pas à la Tunisie. Au Maroc, troisième producteur mondial de figues de Barbarie, la production est également en baisse, notamment dans le centre et le sud du pays. Là aussi, la cochenille a ravagé des milliers d’hectares, transformant ce fruit autrefois surnommé « le fruit des pauvres » en produit de luxe. Les prix ont flambé, atteignant parfois plus de 4 euros le kilo, et les agriculteurs ont dû recourir à des serres agricoles pour tenter de sauver leurs récoltes.

Revalorisation de la filière figue de Barbarie : quelles solutions durables ?

Face à cette crise, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une revalorisation stratégique de la filière. Cela passe par une meilleure coordination entre les autorités, les chercheurs, les agriculteurs et les ONG. Des solutions durables sont envisagées : introduction de variétés résistantes, amélioration des techniques de taille, renforcement de la surveillance phytosanitaire, et surtout, soutien financier aux producteurs pour compenser les pertes et investir dans des méthodes de lutte plus efficaces.

Agriculture méditerranéenne et changement climatique : un signal d’alarme

La baisse de la production de figues de Barbarie en 2025 est bien plus qu’un accident conjoncturel. Elle révèle la fragilité croissante des systèmes agricoles face aux ravageurs et au changement climatique. Pour la Tunisie comme pour le Maroc, il s’agit d’un signal d’alarme : sans une politique agricole proactive, les cultures traditionnelles risquent de disparaître, emportant avec elles des savoir-faire, des emplois et des équilibres territoriaux.

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