Alors que s’ouvre le mois de juin, les regards des professionnels du secteur agricole tunisien sont tournés vers une saison estivale aux multiples enjeux. Ce mois marque, pour une large partie du pays, la phase décisive des récoltes céréalières, le début de la commercialisation de plusieurs cultures maraîchères et fruitières, mais aussi un moment critique pour la gestion des ressources naturelles.
Un climat sous tension
Juin 2025 s’annonce comme un tournant, notamment en raison d’un contexte climatique toujours fragile. Selon l’Institut National de la Météorologie (INM), les températures devraient rester supérieures aux normales saisonnières dans plusieurs régions agricoles, avec un risque de stress hydrique accru. Cette situation pourrait impacter les cultures pluviales, notamment le blé dur, alors que la Tunisie tente de redynamiser sa filière céréalière après plusieurs années de sécheresse.
Blé dur : entre espoir et incertitude
Les agriculteurs attendent avec attention les premières estimations officielles sur les rendements céréaliers, attendues mi-juin. Ces chiffres seront décisifs pour estimer le niveau d’autosuffisance et anticiper les besoins d’importation, dans un contexte de volatilité des prix mondiaux.
L’abondance des fruits d’été
Mais juin n’est pas que défis : c’est aussi le mois des fruits d’été, avec l’arrivée sur les marchés des pastèques, abricots, cerises de Sbiba ou encore des figues de Djebba. Ces produits de terroir attirent autant les consommateurs locaux que les acheteurs étrangers. Pour les producteurs, cette période est stratégique : qualité, logistique et timing font toute la différence pour valoriser la production.
L’eau, nerf de la guerre
Un autre enjeu majeur s’impose ce mois-ci : la disponibilité de l’eau d’irrigation. Grâce à des précipitations plus importantes que l’année précédente, les réserves hydriques nationales ont atteint 974,5 millions de mètres cubes au 28 mai 2025, soit un taux de remplissage de 41,1 %, selon l’ONAGRI. Cependant, cette moyenne nationale dissimule des disparités marquées entre les différentes régions agricoles. Les barrages du nord affichent un taux de remplissage relativement satisfaisant de 47,9 %, garantissant une certaine stabilité pour l’irrigation. En revanche, la situation est nettement plus préoccupante dans le centre du pays, où les réserves atteignent seulement 14,9 %, mettant en péril plusieurs exploitations dépendantes de l’eau stockée. Le Cap Bon, quant à lui, enregistre un taux intermédiaire de 30,1 %, soulignant des défis persistants pour l’accès à l’eau. Ces écarts révèlent une pression continue sur certaines zones agricoles, où la gestion rigoureuse des ressources hydriques reste une priorité absolue pour assurer la pérennité des cultures et la viabilité des exploitations.
Ce que nous vous proposons
Ce mois de juin sera donc un véritable baromètre pour l’agriculture tunisienne. Sur notre site, nous suivrons au jour le jour :
-
les grandes récoltes,
-
les prix au marché,
-
les politiques agricoles,
-
les initiatives d’agriculteurs et de coopératives.
Notre ambition : vous livrer une information rigoureuse, ancrée dans le réel, et tournée vers l’avenir.
🔗 À nos lectrices et lecteurs : Restez connectés car derrière chaque épi de blé, chaque grappe de raisin, ou chaque goutte d’eau économisée, se dessine l’avenir d’un secteur vital. Et ensemble, nous allons en décrypter les lignes de force.
AgriTunisie.com Agriculture en Tunisie