Le 11 juillet 2025, trois institutions tunisiennes majeures , l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS), et l’Agence Technique des Transports Terrestres (ATTT) ont officialisé la signature d’accords-cadres stratégiques visant à renforcer l’attractivité du secteur agricole et halieutique. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale de transformation numérique, de simplification administrative et de soutien aux investisseurs dans les filières agricoles et de la pêche.
Partenariat stratégique entre APIA, CNRPS et ATTT : une nouvelle ère pour l’agriculture tunisienne
L’agriculture et la pêche représentent environ 10 % du produit intérieur brut (PIB) tunisien en 2024, selon les données de l’. Ces secteurs, bien que essentiels à l’économie nationale, sont souvent confrontés à des défis structurels : aléas climatiques, charges sociales élevées, infrastructures limitées et accès restreint aux services publics. C’est dans ce contexte que les accords-cadres signés entre l’APIA, la CNRPS et l’ATTT prennent tout leur sens. La signature s’est déroulée à Tunis, en présence de la directrice générale de l’APIA, Inji Doggui, qui a souligné l’importance de cette démarche dans le cadre du programme national de transformation numérique et d’interconnexion des structures publiques. L’objectif est clair : rapprocher les services de leurs bénéficiaires, fluidifier les procédures et créer un environnement sécurisé et incitatif pour les porteurs de projets agricoles et halieutiques.
Objectifs des accords-cadres : modernisation, inclusion sociale et numérisation du secteur agricole
Les accords-cadres visent plusieurs objectifs concrets. D’abord, ils permettront l’échange électronique de données entre les trois institutions, réduisant ainsi les délais de traitement des dossiers d’investissement. Ensuite, ils faciliteront l’accès à la sécurité sociale pour les professionnels du secteur agricole et de la pêche, notamment ceux opérant dans des zones rurales ou informelles. La CNRPS jouera un rôle clé dans l’intégration des agriculteurs et pêcheurs au système de prévoyance sociale, un enjeu majeur pour la protection des travailleurs du secteur primaire. De son côté, l’ATTT contribuera à l’amélioration du transport agricole, en facilitant l’accès aux autorisations, à la logistique et à la mobilité des produits agricoles sur le territoire. Enfin, l’APIA mettra en œuvre des outils numériques pour accompagner les investisseurs, notamment dans la transformation primaire, les services associés et l’innovation appliquée aux filières agricoles. Selon Inji Doggui, « nous nous concentrons sur l’innovation, nous nous concentrons sur la technologie. Le message est clair ».
Impact régional : Béja, Siliana, Jendouba et Le Kef au cœur de la transformation agricole
Bien que les accords soient nationaux, leur impact sera particulièrement visible dans les gouvernorats à forte vocation agricole tels que Béja, Siliana, Jendouba, Le Kef et Kairouan, où les projets agricoles sont nombreux mais souvent freinés par des obstacles administratifs ou logistiques. Ces régions, qui ont contribué à plus de 60 % de la collecte céréalière nationale en juillet 2025, sont au cœur des enjeux de modernisation. L’APIA prévoit que ces accords permettront d’accélérer les investissements privés, de réduire les coûts liés aux démarches administratives et de renforcer la résilience des exploitations agricoles face aux défis climatiques et économiques. En facilitant l’accès aux services publics, les institutions espèrent également stimuler l’emploi rural et favoriser l’inclusion des jeunes et des femmes dans les filières agricoles.
Tunisie et développement durable : des accords alignés avec les engagements internationaux et les ODD
Ces accords s’inscrivent dans une logique de gouvernance inclusive et durable, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) et les engagements de la Tunisie dans le cadre du Global Compact for Migration et des politiques de sécurité alimentaire. En renforçant les synergies entre les institutions publiques, la Tunisie cherche à bâtir un modèle d’investissement agricole plus équitable, plus efficace et plus résilient. La signature du 11 juillet 2025 marque ainsi une étape importante dans la réforme du secteur agricole tunisien. Elle illustre la volonté des autorités de passer d’une logique de gestion fragmentée à une approche intégrée, où la technologie, la transparence et la proximité deviennent les piliers d’un développement rural inclusif.
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