Du 8 au 10 septembre 2025, la capitale éthiopienne Addis-Abeba accueille le deuxième Sommet africain sur le climat (Africa Climate Summit 2 – ACS2), organisé par l’Union africaine et le gouvernement éthiopien. Cet événement continental réunit chefs d’État, ministres, diplomates, experts, ONG et entrepreneurs autour d’un objectif commun : renforcer la réponse collective de l’Afrique face aux dérèglements climatiques. Placé sous le thème « Accélérer les solutions climatiques mondiales : financement pour un développement africain vert et résilient », le sommet ambitionne de faire émerger une position africaine unifiée à quelques semaines de la COP30 prévue en novembre au Brésil.
Une délégation tunisienne mobilisée pour défendre les priorités nationales
La Tunisie participe activement à ce sommet avec une délégation composée de représentants du ministère de l’Environnement, de diplomates et d’experts techniques. L’objectif est double : réaffirmer l’engagement du pays dans la lutte contre le changement climatique et faire entendre les spécificités méditerranéennes dans l’agenda africain. Les délégués tunisiens prennent part aux sessions de négociation sur l’adaptation, le financement climatique, la transition énergétique et la gestion durable des ressources naturelles.
L’Afrique du Nord en première ligne des bouleversements climatiques
La Tunisie, comme l’ensemble du Maghreb, est particulièrement exposée aux effets du réchauffement climatique. Sécheresses prolongées, inondations soudaines, stress hydrique, recul de la biodiversité et pression sur les systèmes agricoles sont autant de défis qui affectent directement la sécurité alimentaire et la stabilité socio-économique. Le sommet d’Addis-Abeba offre à la Tunisie une tribune pour partager ses expériences, notamment en matière de réutilisation des eaux usées, de transition énergétique et de résilience territoriale.
Innovation, jeunesse et solutions locales au cœur des débats
L’Union africaine a intégré au sommet un Pôle d’innovation dédié aux solutions climatiques portées par les jeunes et les entrepreneurs. La Tunisie mise sur son écosystème de startups vertes et ses initiatives locales pour contribuer à cette dynamique. Des projets tunisiens axés sur l’agriculture durable, la gestion intelligente de l’eau et les énergies renouvelables sont présentés dans les panels thématiques et les événements parallèles. Cette approche permet de valoriser des solutions reproductibles à l’échelle régionale et de renforcer les synergies Sud-Sud.
Financement climatique : une priorité pour la Tunisie
La Tunisie rappelle, dans ses interventions, que la mise en œuvre de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) nécessite près de 19,4 milliards USD d’ici 2030, dont 14,4 milliards pour l’atténuation, 4,3 milliards pour l’adaptation et 0,7 milliard pour le renforcement des capacités. Le pays prévoit de mobiliser 3,3 milliards sur ses propres ressources, mais dépend fortement du soutien international pour combler le reste. Le sommet africain est donc une opportunité stratégique pour plaider en faveur d’un financement climatique équitable, accessible et adapté aux réalités des pays en développement.
Conclusion : une voix tunisienne pour une Afrique résiliente
La participation tunisienne au 2ᵉ Sommet africain sur le climat marque une étape importante dans la diplomatie environnementale du pays. Elle témoigne d’une volonté affirmée de contribuer à la construction d’une stratégie africaine cohérente, ambitieuse et solidaire. Pour les communicants sectoriels, les acteurs du développement rural et les stratèges éditoriaux, cet événement constitue un levier de valorisation, de mobilisation et de projection internationale autour des enjeux climatiques.
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