Le remplissage des barrages tunisiens s’est nettement amélioré en 2026, passant d’environ 38 % fin juin 2025 à près de 60 % à la mi-juin 2026. Ce redressement ne résout toutefois ni les disparités régionales ni la vulnérabilité de l’agriculture aux canicules, à l’évaporation et à la surexploitation des nappes.
Près de 22 points de remplissage gagnés en un an
La Tunisie aborde l’été 2026 avec des réserves hydriques supérieures à celles de la campagne précédente. À la mi-juin, le taux de remplissage des barrages atteignait environ 60 %, selon Faïez Moslim, directeur général des barrages et des grands travaux hydrauliques au ministère tunisien de l’Agriculture.
Fin juin 2025, l’Observatoire national de l’agriculture évaluait ce taux à 38,1 %, pour 902 millions de m³ stockés. La progression atteint donc près de 22 points en un an, même si les dates de référence diffèrent de quelques jours. Début juin 2026, les réserves étaient estimées à près de 1,4 milliard de m³.
Cette amélioration est principalement concentrée dans les barrages du Nord et du Cap Bon. Les ouvrages du Centre restent plus fragiles, particulièrement celui de Nebhana, stratégique pour l’approvisionnement du Sahel tunisien.
L’évaporation réduit le bénéfice des pluies
Les vagues de chaleur rappellent la fragilité de cette reprise. Selon une estimation d’Aniss Ben Rayana relayée par La Presse de Tunisie, plus de 7 millions de m³ auraient été perdus par évaporation en dix jours durant juillet. Rapportée au stock de 1,4 milliard de m³ estimé début juin, cette quantité représente environ 0,5 % des réserves nationales.
Ce calcul AgriTunisie fournit un ordre de grandeur, mais ne constitue pas un bilan hydrique officiel. Les niveaux évoluent simultanément sous l’effet des apports, des prélèvements et des transferts entre régions.
Un problème structurel pour les exploitations
L’agriculture demeure le premier utilisateur d’eau en Tunisie. Les données disponibles situent généralement sa part au-delà de 75 % des prélèvements nationaux. L’amélioration des barrages apporte donc un répit aux périmètres irrigués, sans supprimer la pression sur les nappes souterraines.
Le développement du dessalement, la réutilisation des eaux usées traitées et la modernisation de l’irrigation figurent parmi les réponses annoncées. Leur efficacité dépendra toutefois du contrôle des prélèvements. Une amélioration de l’efficience à la parcelle peut entraîner une extension des surfaces ou une intensification des cultures si les volumes économisés ne sont pas plafonnés.
| Indicateur | Juin 2025 | Juin 2026 |
|---|---|---|
| Taux approximatif de remplissage | 38,1 % | Environ 60 % |
| Stock communiqué | 902 millions de m³ | Environ 1,4 milliard de m³ |
| Écart de remplissage | Près de +22 points |
Calcul AgriTunisie à partir des données de l’ONAGRI et du ministère tunisien de l’Agriculture. Les dates exactes de relevé diffèrent légèrement.
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