La maltaise tunisienne, orange emblématique du Cap Bon, est réputée pour son goût équilibré et sa qualité premium. Elle constitue un pilier de l’agriculture nationale et un vecteur d’exportation stratégique. En Tunisie, les agrumes représentent la deuxième catégorie de fruits exportés après les dattes, ce qui souligne leur importance dans la balance commerciale.
Une campagne 2025-2026 ambitieuse
La filière agrumes tunisienne a fixé un objectif de 15 000 tonnes d’exportations vers la France pour cette saison, soit plus du double des volumes de l’année précédente. Le démarrage anticipé, avec une première cargaison de 200 tonnes expédiées fin décembre 2025 vers Marseille, marque une volonté de prolonger la durée de la campagne et de répondre plus tôt à la demande du marché français. Cette anticipation est stratégique permet de mieux positionner la maltaise face à la concurrence espagnole et marocaine, qui arrive généralement sur les étals européens dès le début de l’année mais cela reste modeste en terme de volumes face aux centaines de milliers de tonnes exportées par ses concurrents méditerranéens.
Les principales zones de production
La maltaise tunisienne est étroitement associée au gouvernorat de Nabeul, situé dans la région du Cap Bon. Cette zone bénéficie d’un microclimat méditerranéen favorable à la culture des agrumes. Les caractéristiques de Nabeul en font le cœur historique et qualitatif de la production :
- Nabeul et Hammamet : vergers spécialisés dans la maltaise, avec une tradition agricole ancienne.
- Korba et Menzel Bouzelfa : zones de production importantes, orientées vers l’exportation.
- Béni Khalled : réputée pour ses agrumes de qualité supérieure.
Au-delà du Cap Bon, d’autres régions participent à la production d’agrumes, comme le Sahel (Monastir, Sousse) et certaines zones du Nord-Ouest. Toutefois, la maltaise reste avant tout un produit identitaire du Cap Bon.
Rendements de la maltaise tunisienne 2025-2026
Malgré les ambitions affichées pour la campagne 2025-2026, les rendements de la maltaise tunisienne connaissent une légère baisse par rapport à la saison 2024-2025. Ce recul s’explique par plusieurs facteurs interdépendants. D’abord, les conditions climatiques irrégulières, marquées par une alternance de sécheresse et de pluies tardives, ont perturbé la floraison et réduit la taille des fruits. Ensuite, la pression phytosanitaire s’est accentuée, certaines exploitations signalant une intensification des maladies cryptogamiques qui affectent la qualité et la productivité des vergers. Enfin, le vieillissement d’une partie des plantations, qui nécessitent un renouvellement pour maintenir leur potentiel, contribue également à cette diminution. Toutefois, cette baisse reste contenue et n’entrave pas les perspectives de la filière, qui mise sur une meilleure organisation logistique et commerciale pour atteindre ses objectifs d’exportation et consolider sa présence sur les marchés internationaux.
Défis et problèmes structurels de la filière des agrumes en Tunisie
Malgré les avancées enregistrées cette saison, plusieurs défis persistent pour la filière de la maltaise tunisienne. La concurrence accrue des agrumes espagnols, marocains et égyptiens impose à la Tunisie de consolider son image de produit de niche qualitative, capable de se distinguer par ses spécificités gustatives et son authenticité. Sur le plan logistique, l’amélioration de la chaîne du froid et la réduction des délais de transport demeurent essentielles afin de garantir la fraîcheur et la qualité des fruits à l’arrivée sur les marchés internationaux. Par ailleurs, la durabilité représente un enjeu majeur : l’intégration de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement est désormais indispensable pour séduire des consommateurs et des distributeurs de plus en plus sensibles aux critères ESG. Enfin, la promotion internationale doit être renforcée par une véritable stratégie de marque autour de la maltaise tunisienne, permettant de valoriser son identité et de la distinguer clairement sur les étals face à ses concurrents méditerranéens.
Conclusion
La saison 2025-2026 de la maltaise tunisienne se distingue par un paradoxe : des rendements en légère baisse, mais des ambitions export en forte hausse. Les zones de production, principalement concentrées dans le Cap Bon, continuent de porter la réputation de ce fruit emblématique. La filière doit désormais relever le défi de la durabilité et de la modernisation pour consolider sa place sur les marchés mondiaux.
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