La Tunisie traverse une crise sans précédent dans le secteur bovin, avec une baisse estimée à près de 20 % du cheptel en 2025. Les causes sont multiples : sécheresse persistante, flambée des prix du fourrage et fragilité des petits exploitants. Cette situation met en péril l’approvisionnement en lait et en viande rouge, deux piliers de la consommation nationale. « Nous avons perdu une partie de notre troupeau faute de moyens pour l’alimenter », témoigne Ahmed, petit éleveur de la région du Kef.
Primes exceptionnelles pour les petits agriculteurs : une bouffée d’oxygène
Dans un contexte marqué par la régression alarmante du cheptel bovin, le gouvernement tunisien a décidé d’intervenir de manière exceptionnelle pour éviter l’effondrement de la filière. Un arrêté conjoint du ministère de l’Agriculture et du ministère des Finances, publié au Journal officiel le 13 janvier 2026, prévoit une enveloppe de 10 millions de dinars mobilisée en 2025. Cette somme est destinée à soutenir les petits éleveurs, considérés comme les plus vulnérables face à la hausse des prix du fourrage et aux effets du stress hydrique. L’objectif est clair : offrir une bouffée d’oxygène aux exploitants qui peinent à maintenir leurs troupeaux et préserver ainsi la continuité de la production nationale. « C’est une mesure de survie pour nos agriculteurs les plus fragiles », a souligné un responsable du ministère de l’Agriculture, mettant en avant l’importance de ce dispositif pour la stabilité sociale et économique des zones rurales.
Conditions d’accès aux aides financières pour la reconstitution du cheptel
Ces primes exceptionnelles ne sont pas distribuées de manière uniforme mais ciblent exclusivement les petits exploitants répondant à des critères précis, tels que la taille réduite de l’exploitation, le nombre limité de têtes de bétail et la vulnérabilité économique. Les agriculteurs intéressés doivent déposer leurs dossiers dans les délais fixés par les autorités afin de bénéficier de cette aide. Les subventions serviront avant tout à faciliter l’acquisition de génisses et de vaches reproductrices, mais elles visent aussi à améliorer les conditions d’élevage grâce à un meilleur accès à l’alimentation et aux soins vétérinaires. Elles devraient enfin contribuer à préserver le patrimoine génétique du cheptel national, un enjeu essentiel pour assurer la pérennité et la durabilité de la filière bovine. Au-delà de l’aspect financier, ce programme vise à relancer la production laitière et carnée, essentielle pour la consommation nationale et la balance commerciale, tout en renforçant la résilience des petits exploitants face aux crises climatiques et économiques.
Impact des primes exceptionnelles sur la production laitière et la viande rouge
Le programme de reconstitution du cheptel bovin vise à relancer durablement la production laitière et carnée, deux secteurs stratégiques pour la sécurité alimentaire tunisienne, en soutenant les petits exploitants fragilisés par la sécheresse et la flambée des prix du fourrage. L’État espère ainsi stabiliser l’offre nationale, réduire la dépendance aux importations et contenir la hausse des prix sur le marché intérieur, tout en renforçant la résilience des zones rurales où l’élevage demeure vital. Les primes exceptionnelles représentent donc une aide ponctuelle qui peut soulager les exploitants les plus vulnérables et éviter un effondrement total de la filière, mais elles ne sauraient à elles seules résoudre les défis structurels de l’élevage bovin en Tunisie, lesquels nécessitent des politiques plus globales de gestion des ressources, de régulation des intrants et d’innovation agricole.
Conclusion : un signal fort pour la filière bovine tunisienne
La reconstitution du cheptel bovin grâce aux primes exceptionnelles représente une étape cruciale pour la souveraineté alimentaire de la Tunisie. En plaçant les petits agriculteurs au cœur de sa stratégie, l’État envoie un signal fort de justice sociale et de soutien aux zones rurales. La réussite de ce programme dépendra toutefois de sa mise en œuvre rigoureuse et de l’accompagnement structurel des exploitants, afin de garantir une relance durable et équilibrée de la filière bovine.
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