À fin septembre 2026, la balance commerciale alimentaire de la Tunisie affiche un excédent de 919,8 millions de dinars (MD), selon l’Institut national de la statistique (INS). Derrière ce solde positif, les chiffres détaillés de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI) montrent une réalité plus contrastée : une seule filière, l’huile d’olive, qui pèse 62 % des exportations alimentaires à fin août, et des achats en forte hausse de maïs, d’orge, de sucre et d’huiles végétales.
Neuf mois portés par l’huile d’olive
Selon la note de l’INS sur le commerce extérieur de septembre 2026, les exportations des industries agroalimentaires progressent de 20,3 % sur neuf mois, tirées par les huiles d’olive : 4 005,7 MD contre 2 915,2 MD sur la même période de 2025. Les importations de produits alimentaires augmentent, elles, de 16,3 %. Le groupe alimentation dégage ainsi un excédent de 919,8 MD, alors que la balance commerciale globale du pays reste déficitaire de 20 997 MD.
Le détail à fin août : 119,3 % de couverture
Le bilan de l’ONAGRI, arrêté à fin août et établi selon sa propre nomenclature, donne le détail par produit. Les exportations alimentaires atteignent 6 069,0 MD (+20,7 %) et les importations 5 085,9 MD (+17,1 %), soit un solde de 983,1 MD (684,1 MD un an plus tôt) et un taux de couverture de 119,3 %, en hausse de 3,6 points.
| Exportations (fin août) | Quantité 2026 | Valeur 2026 | Prix moyen |
|---|---|---|---|
| Huile d’olive | 301,4 kt (+43,1 %) | 3 769,7 MD (+39,5 %) | 12,51 DT/kg (−2,5 %) |
| Dattes | 89,4 kt (+10,8 %) | 553,4 MD (+11,0 %) | 6,19 DT/kg (+0,2 %) |
| Produits de la pêche | 17,1 kt (+1,1 %) | 382,0 MD (−6,3 %) | 22,36 DT/kg (−7,2 %) |
| Tomates | 63,8 kt (−20,0 %) | 263,3 MD (−8,3 %) | 4,12 DT/kg (+14,6 %) |
| Agrumes | 6,2 kt (−57,4 %) | 13,7 MD (−62,5 %) | 2,21 DT/kg (−12,0 %) |
La progression de l’huile d’olive est donc un effet volume : les quantités exportées augmentent de 43,1 % tandis que le prix moyen recule légèrement, à 12,51 DT/kg. Le bilan précise que ce prix moyen ne distingue pas les catégories d’huile. Les agrumes et les tomates reculent nettement en volume.
Côté importations : orge, maïs et sucre s’envolent
| Importations (fin août) | Quantité 2025 | Quantité 2026 | Valeur 2026 |
|---|---|---|---|
| Blé tendre | 755,4 kt | 738,3 kt (−2,3 %) | 567,3 MD (−5,5 %) |
| Blé dur | 420,8 kt | 358,3 kt (−14,8 %) | 334,3 MD (−26,4 %) |
| Maïs | 692,5 kt | 973,0 kt (+40,5 %) | 724,3 MD (+37,5 %) |
| Orge | 249,6 kt | 481,4 kt (+92,9 %) | 377,4 MD (+99,7 %) |
| Tourteaux de soja | 118,5 kt | 155,4 kt (+31,2 %) | 176,3 MD (+30,5 %) |
| Huiles végétales | 141,8 kt | 170,1 kt (+20,0 %) | 634,2 MD (+23,9 %) |
| Sucre | 109,2 kt | 433,9 kt (+297,2 %) | 773,8 MD (+335,7 %) |
Deux mouvements se dessinent. Les achats de blé reculent, en volume comme en prix : le blé dur importé coûte 0,93 DT/kg, contre 1,08 DT/kg un an plus tôt (−13,5 %). À l’inverse, le maïs, l’orge et les tourteaux de soja progressent fortement : ces trois produits représentent 1 278 MD à fin août. Le sucre devient le premier poste d’importation du tableau en valeur (773,8 MD), avec des volumes multipliés par près de quatre.
Ce que ces chiffres disent de l’excédent
L’excédent alimentaire tient donc largement à une seule filière. Les prochaines données mensuelles intégreront le début de la campagne oléicole 2026-2027, pour laquelle aucune estimation nationale officielle de production n’était publiée au 30 octobre.

